Avant l'ère du plastique et de l'importation massive, tout à Aného était issu du génie manuel. Les toitures végétales, les nattes de couchage, les filets de pêche, les tambours sculptés : l'artisanat local n'était pas décoratif, il était une nécessité absolue de survie et de confort. Aujourd'hui, cet artisanat est devenu un art délicat, préservé par quelques familles gardiennes du savoir.
La Vannerie et le Raphia
L'abondance de palmiers et de cocotiers sur la côte fait de la fibre végétale le matériau roi de la région. Le tissage du raphia et des feuilles de palmier est une activité souvent réservée aux personnes âgées, qui y trouvent un revenu complémentaire et une activité méditative.
Dans les ruelles d'Aného, on peut encore voir ces artisans tresser avec une dextérité fascinante des nattes (les tsatsa), des chapeaux de paille pour se protéger du soleil féroce, et des paniers destinés au transport du poisson fumé. Chaque entrelacement obéit à un motif géométrique précis qui se transmet de mère en fille.

L'artisanat local, une fusion entre fonctionnalité et esthétique géométrique.
Le Tissage du Pagne et les Perles Royales
Aného, de par sa proximité historique avec le Royaume d'Agbome (Dahomey) et l'empire Ashanti, a hérité d'une riche tradition textile. Les tisserands utilisent de vieux métiers à tisser en bois pour confectionner le Kente (bien que plus associé au Ghana, la technique est courante dans les cours royales Guin). Ces étoffes lourdes, tissées en étroites bandes cousues ensemble, sont portées en toge lors des grandes cérémonies.
En parallèle, la confection des colliers de perles (de verre, d'argile ou de corail) est un artisanat hautement symbolique. Chaque perle a une signification : certaines protègent du mauvais œil, d'autres indiquent qu'une jeune fille est prête au mariage, d'autres encore, particulièrement précieuses (les aggry beads), étaient autrefois utilisées comme monnaie d'échange par les chefs.
« La machine va vite, mais seule la main de l'homme peut coudre l'esprit dans la matière. »